Les activités quotidiennes à l’orphelinat de Garchuut à quelques kilomètres d’Oulan-Bator en Mongolie.

Les journées se ressemblent à l’orphelinat. Dans cet article, je vais décrire le quotidien de l’orphelinat au camp de vacances de Garchuut à quelques kilomètres d’Oulan-Bator en Mongolie.

Le matin commence assez tôt. Les employées et les enfants se lèvent à partir de 7h00. A une exception : le dernier jour, les employées se sont levées à 5h00 pour faire le ménage. La première activité des employées est le ménage. Elles font le petit déjeuner. Les enfants partent faire un brin de toilette. Puis, ils reviennent prendre le petit déjeuner.

Une partie importante de la matinée est consacrée à l’apprentissage des prières. Le premier orphelinat où j’étais était chrétien. La religion avait une place très importante. Je pense qu’il y a trois raisons qui expliquent l’importance de la religion :

  • il y a en Mongolie, un renouveau du religieux. Durant la période communiste, la religion était interdite.
  • les chrétiens sont minoritaires en Mongolie : moins de 5%. Il y a donc un aspect de défense du christianisme face au bouddhisme.
  • enfin, les enfants sont tous sans parents. Ils retrouvent dans le Dieu chrétien une sorte de père. 
la lecture de la Bible.

La lecture de la Bible. Le 24 juillet 2012.

Ce catéchisme mongol a un autre point commun avec le catéchisme à la française : la récitation de prière en chantant. Par exemple, avant de manger, les enfants récitent une prière en chantant.

Les enfants apprennent des chansons avec les danses qui vont avec. J’ai mis un certain temps à comprendre que ces chansons étaient des chansons religieuses comme celles que les enfants français apprennent au catéchisme.

Pendant que les enfants apprennent leurs prières puis partent jouer dehors, les employées s’occupent de certains enfants.

Il y a d’abord les petits qui demandent une attention particulière. Cependant, c’est Ségui qui demande le plus d’attention. Cette petite fille a environ 7 ans. Quand je suis arrivée la première fois à l’orphelinat, j’ai été surprise de voir que ses mains étaient en permanence attachées derrière son dos. A l’heure de la sieste et du coucher, les pieds sont aussi attachées. Ségui est handicapée  Elle se cogne la tête par terre, contre les murs. Elle se gratte la peau. Elle pleure. Elle souffre.

Une Française rencontrée lors de mon séjour m’a fait remarqué qu’elle souffrait peut-être du SAF : syndrome de l’alcoolisme foetal. Un verre d’alcool durant la grossesse peut être fatal à l’enfant.

La petite Ségui.

La petite Ségui. Le 21 juillet 2012.

L’endroit où les enfants dorment et mangent est petit. Par conséquent, ils sont très souvent dehors.

Beaucoup d’enfant s’amusaient à faire voler un cercle : il fallait mettre le cercle en bas d »une tige, puis d’un coup ferme il fallait pousser le cercle vers le haut pour … qu’il s’envole. Si quelqu’un a le nom de ce jeu … qu’il laisse un commentaire !

Le lancé de cercle.

Le lancé de cercle. Le 19 juillet 2012.

Les enfants de l’orphelinat avaient une passion : être pris en photo. I

ls connaissaient presque tous ce mot d’anglais : PICTURE. Avec le numérique, je n’hésitais pas à les prendre en photo. Cependant, les enfants prennent la pose, ils perdent beaucoup de leur naturel.

poser avec son bouquet de fleurs.

Poser avec son bouquet de fleurs. Le 23 juillet 2012.

Et puis, parfois, on arrive à voler un instant

J’aime bien cette photo. Le cadrage n’est pas très bon. Il commence à faire nuit. Mais il y a le regard de ces deux gamins. Et … il y a le quotidien de l’orphelinat en arrière plan : le bidon jaune que nous remplissions d’eau en permanence. Il fallait aller chercher de l’eau avec des bouteilles d’eau aux robinets extérieurs, il y a la baignoire pour bébé qui servait de baignoire et de bassine pour laver le linge, il y a le pot de chambre. Et il y du linge étendu … un peu comme dans le Sud !

Un instant volé.

Un instant volé. Le 24 juillet 2012.

Un après-midi, avec une autre employée et les enfants, nous sommes allés au bord de la rivière.

Une après-midi au bord de la rivière de Gacchurt.

Une après-midi au bord de la rivière de Gacchurt. Le 22 juillet 2012.

Un mercredi après-midi, toutes les activités habituelles de l’orphelinat furent chamboulées par un important orage.

Le soir, nous mangeons assez tôt. Puis, nous retournons dehors.

Les enfants jouent. Un soir, j’ai assisté à une scène assez surprenante. Une fillette reproduisait sur une employée les gestes d’un des massages que j’avais appris au Qi Qong. J’ai prononcé Qi Qong en reproduisant les gestes. L’employée et la fillette m’ont répondu non.

Deux explications possibles.

  • Le Qi Qong est une pratique chinoise. Or la Mongolie et la Chine ne sont pas en très bon terme (les raisons dans un prochain article sur l’histoire et la mémoire). Il est possible que les Mongols refusent d’admettre qu’ils ont adopté des pratiques chinoises.
  • Ou bien, ils ignorent réellement d’où viennent ces gestes, et ils reproduisent juste des gestes que « leurs ancêtres leurs ont montrés.
Le massage. Le 24 juillet 2012.

Le massage. Le 24 juillet 2012.

Tous les quatre jours, l’équipe d’employées change.

Trois employée viennent remplacer leurs collègues qui sont restées à l’orphelinat. C’est un peu un jour spécial pour ces employées qui vont partir de l’orphelinat. Elles vont rentrer à Oulan-Bator retrouver leurs familles et la ville. Avant de rentrer, elles se refont une beauté.

Se faire belle avant de rentrer à Oulan-Bator. Le 26 juillet 2012.

Se faire belle avant de rentrer à Oulan-Bator. Le 26 juillet 2012.

J’ai expliqué aux enfants le 25 juillet que j’allais rentrer avec les employées le lendemain (pour prendre mes jours de repos). Imaginez dire ça sans parler mongol : il a fallu utiliser un calendrier et des gestes.

Une jeune fille de douze ans a écrit son prénom sur un papier et m’a demandé que je le prenne en photo. Elle ne voulait pas que je l’oublie. Il faut toujours avoir à l’esprit que même si ces enfants ont l’air heureux, ils sont sans parents : soit leurs parents sont morts, soit ils ont été abandonnés à la naissance.

J’avoue avoir été assez émue par son geste. Comme en France, les adolescentes mongoles ponctuent les i d’un petit coeur.

La peur d'être oubliée. Le 26 juillet 2012.

La peur d’être oubliée. Le 26 juillet 2012.

Le 26 juillet vers 11h00, une voiture arriva au camp de vacances. A l’intérieur de la voiture ou plutôt du 4*4 : les employées remplaçantes, la directrice de l’orphelinat et des Américains qui souhaitaient voir l’orphelinat.

Les enfants furent très heureux de voir de nouveaux étrangers s’intéresser à eux … pour quelques minutes. Ils demandèrent à ces Américains quelques mots d’anglais et surtout des pictures. Ce moment fut l’occasion d‘une photo de groupe.

Le renouveau des employées et la visite des Américains. Le 26 juillet 2012.

Le renouveau des employées et la visite des Américains. Le 26 juillet 2012.

Soizic Morin

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